Une “note” retrouvée dans la poche de McAfee…

Le dernier pirate

Né en 1945 d’une mère anglaise et d’un soldat américain, McAfee aura une enfance difficile. Son père, violent et alcoolique, se suicidera alors qu’il n’a que 15 ans. Cette aube ingrate ne l’empêchera pas d’obtenir un doctorat en mathématiques et de travailler pour la Nasa dans le domaine de l’informatique.

La création de l’éponyme antivirus McAfee en 1987 fera de lui un millionnaire ainsi qu’une star sulfureuse de la Silicon Valley en raison de sa philosophie de vie épicurienne mêlée de psychotropes.

L’interview qui suit (2014 par CoinTelegraph) permet de situer le personnage. Pour les non-anglophiles, McAfee y déclarait que le « Libra de facebook est une grotesque distorsion de la raison d’être des cryptomonnaies. Ce serait le graal de la surveillance de masse ». « Je pense que les transactions financières devraient être privées ».

« L’inverse du respect de la vie privée est un système dans lequel tout ce que vous faites est enregistré. C’est comme si vous vous faisiez tamponner sur le front une identité génétique permettant de vous identifier. Où que vous alliez et quoi que vous fassiez, c’est enregistré »

Pour le pionier de la cybersécurité, les transactions privées sont un droit fondamental pour la bonne et simple raison que l’imposition est inconstitutionnelle. C’est en tout cas l’interprétation du parti libertarien avec lequel McAfee se présentera deux fois à l’élection présidentielle US. Pour l’intéressé, ses déboires ont commencé lorsqu’il a commencé à faire la promotion des cryptomonnaies :

« Ils se sont mis à mes trousses lorsque j’ai commencé à parler des cryptomonnaies à la télévision nationale et internationale car je suis une menace directe pour le gouvernement des États-Unis. […] Je veux éduquer tout le monde sur la prison qu’est le système monétaire fiat et sur les moyens utilisés par le gouvernement pour créer une société d’esclaves. »

Voici un bout d’une autre interview réalisée la même année :

Notre première application dédiée à la préservation de la vie privée est sortie sur Google Play il y a trois jours. Elle s’appelle DCentral1. Avec elle, vous pouvez voir à quelles informations vos applications ont l’autorisation d’accéder. Une seule pression lance un scan qui note les applications selon leurs privilèges accordés. Cela permet de savoir quelles applications vous écoute en accédant au micro du téléphone, quelles applications vous observent en utilisant la caméra, quelles applications lisent vos e-mails et vos SMS, quelles applications envoient des messages ou des e-mails sans vous en prévenir, etc. Avec DCentral1, notre but est d’éveiller les consciences. L’information est la monnaie de l’âge digital et il importe de savoir quelles informations vous laissez derrière vous, et à qui. DCentral1 est disponible gratuitement pour Android.

“”Je veux construire un téléphone anti-surveillance Kim. Avec une caméra et un micro manuellement déconnectables, un système d’exploitation open source ainsi qu’un wallet pour cryptomonnaies. Ca va faire chier le big brother US. Tu veux m’aider ?”

Ajoutons à cela son avertissement à ses followers de ne se faire vacciner contre le Covid sous aucun prétexte… John était un chantre inconditionnel de la liberté. Un pirate qui vivait litéralement sur un yacht au milieu des caraïbes. Un pro de la farce dont chaque tweet provoquait une frénésie médiatique par laquelle il transmettait sa soif de liberté.

Comme tout pirate qui se respecte, il se servira de sa célébrité pour détrousser les shitcoiners… Ses pumps resteront dans les annales, tout comme sa promesse de manger sa b*** si le bitcoin n’atteignait pas 500 000 $ en 2020.

Barcelone, fin de cavale

McAfee a été arrêté à l’aéroport international de Barcelone en octobre dernier sous un faux prétexte fiscal Al caponien. La vérité est que cette traque visait à neutraliser un homme qui dérange, à l’instar du journaliste Julian Assange qui croupit toujours dans une prison anglaise. McAfee avait en effet menacé le gouvernement en 2019 de publier 31 terrabytes de données compromettantes s’il était arrêté ou assassiné.

Certains pensent qu’une partie de ces informations sont liées à Jeffrey Epstein, un espion proxénète qui travaillait pour la CIA et le Mossad en fournissant des mineurs à des personnalités influentes (Bill Clinton, Prince Andrew, Bill Gates…) pour les filmer et les faire chanter. Exactement le type d’informations pouvant servir de « death switch » à qui les possède.

Le 30 novembre 2019, McAfee avait tweeté : « Des responsables américains me font parvenir des messages codés qui disent en gros : « On vient te chercher McAfee ! On va te tuer ». Je me suis fait tatouer aujourd’hui, juste au cas où : « Si je me suicide, je ne l’ai pas fait. On m’a buté ». Regardez mon bras droit ». « WHACKD » (de « whacked », « buté » en argot) est le nom d’une cryptomonnaie que McAfee avait lancée pour attirer l’attention sur le « suicide » de Jeffrey Epstein en prison :

John Mcafee showing his tatoo "whackd" in a tweet

Le tribunal espagnol a déclaré jeudi dernier à l’Associated Press qu’une équipe médico-légale allait effectuer une autopsie toxicologique pour déterminer la cause du décès mais que les résultats pourraient prendre « des semaines »…

Javier Villalba, l’avocat espagnol représentant McAfee, a déclaré à Reuters qu’il « avait un contact téléphonique constant » avec son client qui n’avait « montré à aucun moment une inquiétude particulière ou un indice pouvant laisser penser qu’il allait se suicider ». « Je vais demander une seconde autopsie sur demande de sa famille ».

Janice, l’épouse de John McAfee avait publiquement affirmé que les États-Unis souhaitaient que son mari « meure en prison », trois jours seulement avant le drame.

« Nous nous étions préparés à cette extradition. Nous avions un plan d’action pour faire appel. […] Ses derniers mots pour moi ont été qu’il m’aimait et qu’il m’appellerait dans la soirée », a-t-elle déclaré à la presse.

McAfee avait lui-même tweeté à son million de followers : « Sachez que si je me pends à la Epstein, ce ne sera pas de ma faute »…

Enfin, nous avons appris ce dimanche 27 juin qu’une note a été trouvée dans sa poche. Le DailyMail tient cette information d’une source officielle mais son contenu n’a pas été révélé. S’agit-il d’une lettre d’adieu ou d’un leurre planté par ses assassins ?… Affaire à suivre.

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