Nigéria : la banque centrale (CBN) a perdu la bataille contre bitcoin

Le Nigéria occupe le podium Africain en ce qui concerne l’adoption du bitcoin. Alors que la dévaluation du Naira (NGN), la monnaie légale du pays, poursuit son cours, près de 30% de la population s’est tournée vers bitcoin. Pour Sani Mohammed (qui siège au sénat), ce dernier a “rendu le Naira presque inutile”. La Central Bank of Nigeria (CBN) n’est pas restée indifférente face à cette situation. Pour elle, il fallait “à tout prix” étouffer l’adoption du bitcoin, ce qui s’est soldé par un échec cuisant.

La croisade de la CBN contre les exchanges

Les choses étaient claires pour la CBN : bitcoin devrait être arrêté. Par contre, elle n’avait pas suffisamment de marge de manœuvre pour y arriver. En effet, si l’on peut facilement interdire une monnaie fiat en court-circuitant les acteurs qui favorisent sa circulation, les choses ne sont pas aussi faciles s’agissant du bitcoin. Ce dernier est, par nature, indépendant des tiers de confiance. Mais la CBN avait sa recette magique. A l’absence d’une tête à couper, il fallait s’attaquer aux plateformes d’échanges. Ces banques 2.0 servent de pont entre bitcoin et la finance traditionnelle.

C’est ainsi que, dans la soirée du 5 février, la CBN a lâchée sa petite bombe. Elle a interdit aux banques présentes dans le pays de traiter avec les exchanges. Les particuliers étaient également concernés par la mesure. Chaque compte bancaire utilisé pour acheter bitcoin devrait être identifié et fermé.

Les conséquences se sont immédiatement fait ressentir. Binance a suspendu les dépôts en Naira. Quant à Luno, un autre exchange très utilisé dans le pays, son compte bancaire a été bloqué. Ses clients ne pouvaient plus déposer les fonds en Naira. En première vue, la CBN avait bien réussi son coup. Pourtant, la riposte de la communauté crypto Nigériane a prouvé que l’institution s’était trompé de cible.

Echanger la monnaie saine en mode furtif

Pour les nigérians, ce n’était pas une première tentative du gouvernement à interdire l’accès libre à une meilleure monnaie . En effet, une interdiction similaire avait déjà eu lieu dans les années en 1983. A l’époque, alors que le général Sani Abacha prenait le pouvoir, le Naira ne cessait de se dévaluer contre le dollar US. Pour tenter de stabiliser l’économie, le général au pouvoir avait imposé un taux fixe de 22 Nairas pour un dollar américain. Face à cette décision, un marché noire, où le dollar s’échangeait à plus de 83 Nairas, avait rapidement émergé. Ce qui s’est passé avec bitcoin est un peu similaire.

En effet, en dépit de l’interdiction de transférer les fonds vers les exchanges centralisés, les utilisateurs de bitcoin ont envahi les plateformes P2P à l’instar de Paxful et LocalBitcoins. Ces deux leaders de l’échange des bitcoins en P2P ont vu leurs volumes exploser au cours des prochains mois après le blocus orchestré par la CBN.

Le site usefultulips renseigne une augmentation du volume de de 87% sur Paxful depuis février. Du côté de Binance P2P, c’est le nombre d’utilisateurs Africains qui a explosé de 2 228 % entre Janvier et Avril 2021. Le Nigéria a bien sûr joué un rôle important dans cette progression.

La ruée vers les plateformes P2P s’explique par le fait que sur ces dernières, les transactions se font entre particuliers. Par exemple, si Alice veut acheter du bitcoin auprès de Bob, le transfert de fonds se passe du compte bancaire d’Alice vers celui de Bob. Dans ces conditions, les banques ne repèrent qu’une transaction normale entre deux particuliers. Elles n’ont aucune possibilité d’établir le lien entre la transaction et une quelconque achat de bitcoin. C’est exactement cela qui a permis aux nigérians d’arriver à acheter bitcoin sans se soucier des actions de la CBN.

Un laboratoire gratuit pour bitcoin

Bitcoin résiste-t-il à la censure ? Peut-il protéger de l’inflation comme promis ? La réponse à ces questions fondamentales nous vient tout droit du Nigéria, un pays dont le peuple a démontré une résilience particulière face aux actions liberticides des autorités et cela grâce à bitcoin.

Il n’y a pas si longtemps que “EndSARS”, un mouvement social qui fut au cœur des protestations contre une unité de police corrompue, s’est servi de bitcoin pour contourner la censure. En effet, le gouvernement avait tenté de l’isoler financièrement en empêchant l’accès aux services bancaires. EndSARS s’était alors tourné vers bitcoin. Le mouvement avait collecté les fonds dont il avait besoin, prouvant au passage que bitcoin ne pouvait pas être arrêté.

Le Naira a perdu 18% de sa valeur au mois de Mai. Au même moment, la CBN continuait à pointer bitcoin du doigt pour sa volatilité. Un petit retour en 2014 renseigne que le NGN a perdu la quasi-totalité de sa valeur en moins de 10 ans. Quant au bitcoin pendant la même période, son pouvoir d’achat n’a fait que croître, exactement ce dont le peuple nigérian a besoin.

L’exemple du Nigéria n’est pas isolé. En effet, plusieurs pays ont tenté (en vain) de limiter l’accès au bitcoin pendant que les populations en avaient “plus que jamais” besoin. Les cas du Zimbabwe, du Venezuela, de l’Argentine ou encore du Maroc sont connus de tous. Cependant, personne n’ignore également comment tout cela est fini : par un échec. En faisant ce déjà vu, il faut dire que les autorités Nigérianes, avec la CBN en première ligne, n’ont rien apprises du passé. Heureusement qu’à chaque tentative, bitcoin est toujours là pour rappeler qu’il ne peut être arrêté.

Plus d’actions

Salut, c’est Gloire. En 2014 j’ai entendu parler de bitcoin à la télé avant de m’intéresser du sujet fin 2017. Depuis, chaque jour j’apprends à le comprendre tout en partageant mes petites découvertes avec la communauté.

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