L’Iran veut 11 % du hashrate du Bitcoin

Qui pousse l’Iran à s’intéresser au bitcoin ?

Joe Biden. Le nouveau locataire de la maison blanche vient de plonger ses mains dans le cambouis de la géopolitique internationale. Et son face-à-face avec l’Iran tourne déjà au vinaigre.

Le fait est que Téhéran refuse de vendre son pétrole en dollar, ce qui est intolérable pour Washington. Après tout, son empire repose entièrement sur le fait que monde entier courbe l’échine en acceptant d’acheter le pétrole exclusivement en dollar (système “pétro-dollar”). Cette défiance assumée face à la voracité monétaire américaine vaut à la république islamique de vivre sous embargo…

Seule la Chine a osé braver la « campagne de pression maximale » de Donald Trump en y envoyant ses tankers. D’où la guerre économique que Pékin et Washington se livrent depuis 4 ans maintenant. Mais force est de constater que Joseph Robinette Biden ne fera pas mieux que son prédécesseur (le veut-il vraiment ?…).

Il est vrai que son récent bombardement de milices iraniennes à la frontière irako-syrienne n’était pas une invitation très diplomatique à la négociation. En conséquence, Saeed Khatibzadeh, le porte-parole du ministère des affaires étrangères iranien, a récemment déclaré que certaines des actions de Biden sont « pires » que celles de son prédécesseur. Cette saillie diplomatique est lourde de sens quand on sait que Trump a fait assassiner Qassem Soleimani, le très populaire commandeur des armées iraniennes…

Le 07 mars, Joe Biden a même prolongé « l’État d’urgence vis-à-vis de l’Iran ». L’Executive order (datant de 1995…), qui devait expirer le 15 mars, a été reconduit pour un an supplémentaire. Il y a donc fort à parier que les États-Unis continueront d’interdire aux banques iraniennes d’utiliser le réseau SWIFT qui noyaute toutes les transactions internationales. Ce qui fait les affaires du bitcoin…

Le bitcoin pour contourner l’embargo américain

Mis à part la Chine, toutes les nations ont peur d’acheter le pétrole iranien sous peine de subir le courroux américain. Pire, certains pays ont également peur de vendre des marchandises à l’Iran.

Le commerce en bitcoins vierges (n’ayant jamais bougé dans la blockchain), pourrait inciter certaines entreprises à contourner l’embargo financier US. Le jeu en vaut la chandelle vu que l’Iran est un marché de 80 millions de consommateurs.

Le Think Tank Iranian Presidential Center for Strategic Studies ne dit pas autre chose dans un récent papier de 23 pages hautement intéressant :

« Les bitcoins nouvellement minés ne sont pas facilement traçables… Les entreprises domestiques devraient utiliser des bitcoins fraîchement minés, qui sont préférables aux bitcoins déjà existants, pour leurs échanges internationaux. »

تحلیلیبرسیاستگذاریاستخراجرمزداراییها(رمزارزها )درایرانوارائهپیشنهادهایسیاستی Center for Strategic Studies

Le rapport du Think Tank suggère que le pays devrait viser 11 % du hashrate du Bitcoin

« Certains gouvernements soutiennent financièrement et juridiquement la croissance de l’industrie du mining dans leurs pays. La Géorgie, la Russie et l’Islande peuvent être mentionnées à cet égard. […] Les statistiques montrent que le revenu quotidien des mineurs au cours des trois dernières années s’est établi entre 5 et 41 millions de dollars (au taux en vigueur au moment du mining). L’analyse des revenus des frais de transaction montre que les frais de transaction ont rapporté en moyenne 111 000 $ par jour au cours des trois dernières années. Sur cette base, l’Iran pourrait engranger 22 millions de dollars par an si le pays détenait 11% du hashrate du réseau. »

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11 % ! Ceci est tout simplement gigantesque… Ce chiffre n’est pas à prendre à la légère puisque la Perse gère déjà 3 % du hashrate du bitcoin, et qu’elle jouit de ressources énergétiques illimitées.

Voici pour information un graphique représentant la part des frais de transactions dans les revenus des mineurs (le gros des revenus vient de la récompense obtenue pour chaque bloc) :

Le monde à l’heure du pétro-bitcoin

L’Iran possède la deuxième plus grande réserve de gaz naturel au monde. 32 000 milliards de mètres cubes contre 38 000 Mds pour la Russie, 25 000 Mds pour le Qatar (qui puise dans le même puits que l’Iran…), 20 Mds pour le Turkmenistan et 13 milliards pour les États-Unis.

Le sous-sol iranien regorge également de pétrole. Les réserves prouvées placent le pays en quatrième position mondiale derrière le Canada, l’Arabie Saoudite et le Venezuela.

Notons toutefois que le pétrole des sables bitumineux canadien est beaucoup plus cher à extraire, de même pour le pétrole lourd de Caracas. Mais soulignons aussi que les gardiens de la révolution bolivarienne refusent aussi de vendre leur pétrole en dollar. L’armée vénézuelienne a même commencé à miner le bitcoin. Le Venezuela est maintenant le 10ème plus grand pays au niveau du hashrate.

Pour le dire autrement, si ces deux pays ont l’intention de vendre leurs ressources énergétiques en bitcoin, nous sommes à l’aube d’un pétro-bitcoin… Si le bitcoin venait à remplacer le dollar en tant que monnaie de réserve internationale, ce sont 7000 milliards de dollars qui seraient remplacés. Voir 12 250 milliards $, si l’on prend en compte l’ensemble des monnaies détenues en tant que réserves de change. Ce qui nous donnerait un bitcoin à 660 000 $…

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Journaliste / Bitcoin, géopolitique, économie, énergie, climat

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