L’interdiction des transactions crypto en Turquie impacte les exchanges

A la faveur d’une nouvelle réglementation sur les cryptomonnaies, la Turquie vient de porter un sacré coup aux activités des cryptoexchanges étrangères présentes dans le pays. Alors que celles-ci utilisaient jusque-là pour leurs transactions les services des Fintechs locales, ces dernières sont désormais interdites de fournir des paiements de cryptomonnaies. La décision qui affecte d’ores et déjà le modèle économique des succursales turques de Binance et Huobi aurait pour objectif de protéger la monnaie locale.

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Une mesure qui n’affecte pas les exchanges locaux

Disposant de leur propre réseau de paiement, les exchanges locaux ne devraient pas trop subir les conséquences de l’interdiction qui frappent les Fintechs du pays. La plupart d’entre elles permettent à leurs clients d’utiliser notamment des virements bancaires pour les transactions de livres turques. Elles ne dépendent donc pas des Fintechs contrairement aux exchanges étrangers qui en ont fait leur porte d’entrée au marché local. Fondateur de BtcTurk la principale bourse de cryptomonnaies du pays, Kerem Tibuk déclarait que seulement 1 à 2% des dépôts enregistrés par sa société provenaient de ce canal. « C’est une si petite part du volume global que la réglementation n’aura pas d’impact sur nos opérations », a-t-il conclu.

PDG de Papara, fournisseur de paiement utilisé par Binance, Ahmed Karslı a déclaré quant à lui que les paiements en cryptomonnaies représentaient 10 % du chiffre d’affaires annuel de son entreprise. En plus des Fintechs locales, les entreprises acceptant les cryptomonnaies comme moyen de paiement pour leurs prestations sont également concernées par cette mesure. C’est notamment le cas de Royal Motors qui a récemment décidé de recevoir des paiements en cryptomonnaies pour les voitures Rolls-Royce et Lotus qu’elle distribue dans le pays. Plus qu’un frein au développement des exchanges étrangers, la nouvelle réglementation marque un recul de l’adoption des cryptomonnaies dans le pays.

Maintenir la livre turque au premier plan de l’économie nationale

A l’instar du cas de l’Inde, la mesure prise par l’état turc vise également à protéger davantage la monnaie locale de l’emprise progressive des cryptomonnaies. Conseiller juridique d’une importante exchange locale, Mehmet Türkarslan a d’ailleurs fait part de cette crainte des dirigeants. « Le gouvernement ne veut pas que sa fiat devienne une sorte de monnaie fantôme, disparaissant lentement de l’usage quotidien » a-t-il déclaré.

Il expliqua que la loi sur la protection de la livre turque constituait la base juridique de cette décision, celle-ci interdisant l’utilisation de devises étrangères pour les paiements dans le pays. Conseiller financier et cofondateur du parti d’opposition turque DEVA, Alper Akalın estime cependant que les restrictions fixées dans la nouvelle réglementation ne sont pas appropriées pour protéger la monnaie nationale.

En réaction à cette interdiction, la valeur du bitcoin avait alors chuté jusqu’à atteindre 56 000 $. La perspective que les banques centrales d’autres pays prennent des mesures similaires constitue en effet une grande menace pour l’avenir des cryptomonnaies.

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