Le Paraguay s’annonce comme un géant du Mining de Bitcoin (BTC) 100 % renouvelable

Une industrie de mining de BTC à l’énergie 100 % renouvelable

Le Paraguay est le deuxième pays d’Amérique à fournir un cadre juridique concernant l’industrie du mining de BTC. C’est ce que nous pressentions il y a quelques semaines lorsque le député Carlitos Rejala a branché ses laser eyes avant de lancer un tweet comportant le hashtag #BTC pour annoncer un « projet important »:

« Il y a fort à parier que Paraguay va s’activer dans le domaine du Mining de BTC. En effet, les deux grands barrages hydroélectriques du pays produisent quatre fois ses besoins en électricité. L’énergie est donc exportée chez ses voisins et rapporte plus de 2 milliards $ par an, soit 1/4 du total de ses exportations. Les deux barrages situés sur le rio Paraná sont détenus à 50/50 avec les pays frontaliers : le barrage d’Itaipu à la frontière brésilienne, et celui de Yacyretá du côté de la frontière avec l’argentine. »

Dit autrement, c’est environ 40 TWh/an d’énergie renouvelable que le Paraguay pourrait théoriquement rediriger vers le mining de Bitcoin. Soit plus de la moitié de la puissance énergétique actuellement nécessaire pour l’ensemble du réseau BTC…

Le timing du Paraguay est parfait étant donné que les machines de mining qui se trouvaient en Chine (la moitié du parc mondial) cherchent désormais un point de chute !

«Aujourd’hui, nous sommes fiers de présenter ce projet qui offrira de considérable retombées économiques, financières et fiscales pour notre population grâce à la consommation et de l’utilisation de notre énergie renouvelable, principalement de nos centrales hydroélectriques d’Itaipú et Yacireta. Le pays a d’énormes excédents que nous allons utiliser au profit de l’État paraguayen », a déclaré Rejala lors de la présentation du projet.

Une loi qui contrarie les maximalistes

En juin, le gouvernement de Nayib Bukele a fait du Salvador le premier pays au monde à adopter Bitcoin comme monnaie alors que celle du Paraguay vise simplement à réguler le mining de « cryptoactifs ».

Le député Silva Facetti a bien précisé : « Nous ne parlons pas d’un projet similaire à celui du Salvador (où le bitcoin) est devenu une monnaie d’échange. Un cryptoactif est pour nous une marchandise et un produit final ».

Le second article de la loi stipule :

« Cette loi s’applique à toute personne physique ou morale domiciliée en république du Paraguay qui se consacre à l’intermédiation, la commercialisation, l’échange, le transfert ou le stockage d’actifs virtuels cryptoactifs. »

Le troisième article donne la définition d’un « cryptoactif » en le décrivant comme un « actif existant sous forme numérique pouvant être possédé par n’importe qui ». Il est une « propriété pouvant se vendre et s’acheter ».

Le quatrième article annonce enfin que les mineurs devront obtenir une licence auprès du ministère de l’industrie et du commerce. « Toute personne physique ou juridique ayant une activité de mining sans autorisation sera passible de sanction », peut-t-on lire dans cette loi dont la moitié des pages concerne le régime de sanctions…

Le cœur de l’Amérique latine a donc introduit un cadre juridique semblable à celui d’Iran où les mineurs sont également obligés d’obtenir une licence. Le but de la manœuvre est bien entendu de proposer des tarifs d’électricité très élevés afin de remplir les caisses publiques.

Des regrets mais chaque chose en son temps

Il est regrettable que la loi n’exonère pas les mineurs dont la puissance de calcul serait inférieure à un certain seuil. Étant donné l’idéal de liberté que représente le bitcoin, il n’est pas acceptable que l’unique chemin soit la centralisation industrielle. N’importe qui peut planter des arbres fruitiers dans son jardin et jouir de la propriété de ses fruits. Il devrait en être de même pour le mining de BTC.

Le fait que le bitcoin n’ait pas été déclaré monnaie légale (legal tender) en chagrinera aussi plus d’un. Ce manque d’ambition est peut-être lié à la récente visite de l’éminence grise Victoria Nuland … Nous rapportions en effet le 6 juillet :

« Le Panama et le Paraguay – deux pays qui compt(ai)ent marcher dans les pas du Salvador dès le mois de juillet – ont reçu fin juin la visite de Victoria Nuland, la secrétaire d’État aux Affaires politiques du Département d’État américain. Celle-là même qui avait déclaré en 2014 à son ambassadeur à Kiev « Fuck the EU » à l’époque du coup d’État orchestré en Ukraine par les Etats-Unis… La secrétaire s’est accompagnée du général Uribe ainsi que de l’assistant au secrétaire à la défense US Daniel Erikson… »

Nous disions ensuite que nous ne serions « pas surpris que le Paraguay et le Panama remettent à plus tard l’adoption du bitcoin en tant que monnaie » suite à cette visite diplomatique très intriguante. Il reste à voir ce que fera le Panama qui, à l’instar du Salvador, utilise également pour seule monnaie le dollar US. L’absence d’imposition sur les plus-values permettrait d’attirer des milliards de capitaux dans ce pays qui s’impose déjà comme la plus grande place financière d’Amérique centrale.

Les maximalistes resteront sur leur faim mais le Paraguay a peut-être joué ses cartes de la façon la plus prudente en faisant sienne la stratégie prônée par Michael Saylor. À savoir que le plus important est que le bitcoin soit légalisé. La fantastique liquidité du bitcoin et l’écroulement des monnaies fiat sous le poids de leur dette feront le reste en temps voulu…

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