Le Bitcoin ronge son frein sous la barre des 60 000 $

La véritable unité monétaire, c’est le joule

L’hégémonie monétaire est un combat à mort. Toutes les contorsions géopolitiques visent en définitive à se tailler la part du lion dans le système monétaire international. Et pour ce faire, il faut frapper du sceau impérial la vente des matières premières (surtout le pétrole).

La société de consommation a besoin d’énergie pour fonctionner si bien que le PIB est étroitement corrélé à la quantité d’énergie que vous y injectez. Oui, tout ce que nous produisons et vendons dépend à un moment ou à un autre de machines qui fonctionnent avec de l’énergie. 98 % du transport mondial dépend par exemple du pétrole.

Dit autrement, il est impossible d’augmenter le PIB sans augmenter la consommation d’énergie (toutes choses égales par ailleurs). Si tel est le cas, cela signifie que la hausse du PIB est artificielle. C’est-à-dire qu’elle ne reflète en réalité qu’une hausse des prix, ou bien une baisse des salaires (chômage).

À vrai dire, l’augmentation de la productivité (la bonne croissance) peut permettre une hausse du PIB sans hausse de la consommation d’énergie. Mais le fait est qu’il y a des limites à l’amélioration des techniques. Le pétrole EST le véritable moteur de la croissance.

Ce graphique parle pour lui-même :

USA : Energie consumption vs PIB réel
Moyenne de la croissance annuelle de la consommation d’énergie VS PIB réel (en sachant que le PIB réel est calculé avec des chiffres d’inflation bien en-dessous de la réalité…) Source : zerohedge

Ainsi, pour réussir, le bitcoin a besoin d’évoluer en pétrobitcoin

PétroDollar vs PétroYuan vs PétroBitcoin

L’hégémonie monétaire s’obtient en forçant les pays producteurs de pétrole à vendre leur sève noire dans une seule et unique monnaie. C’est le fameux privilège exorbitant dont jouissent les États-Unis depuis les années 1970.

Oui, mais la Chine réclame désormais sa part. L’empire du milieu a lancé la mode des CBDC pour déclencher une émancipation des nations vis-à-vis du réseau SWIFT, ce système de paiement qui noyaute et surveille toutes les transactions internationales.

Le tango sino-russe cherche à décentraliser le système de paiement international et faire en sorte que les balances commerciales soient réglées directement d’un pays à l’autre. C’est en effet un préalable nécessaire à la dédollarisation car les nations craignent pour l’instant d’être déconnectées du réseau SWIFT si elles osent lâcher le billet vert. C’est actuellement le cas de l’Iran…

La banque des règlements internationaux (BRI) s’est lancée dans la construction d’une infrastructure permettant de centraliser toutes les transactions en CBDC en vue de contrer cette fronde

Hégémonie monétaire

Le petit coup de mou de la paire BTC/USD en ce début de semaine est peut-être à mettre sur le compte du BIS Innovation Summit. Le Chairman de la BRI et le président de la FED s’y sont affichés en très bonne entente, ce qui a probablement aidé le dollar index à remonter, pesant sur BTC/USD en retour.

Pour le dire de manière plus claire, ravir le trône du dollar ne sera pas une mince affaire. Même pour la Chine. D’autre part, il n’est pas dit que les pays en développement préfèrent le billet rouge de la dictature totalitaire chinoise, au billet vert de la « démocratie » américaine.

Par ailleurs, l’hégémonie monétaire n’est pas simplement un décret par la force des armes. C’est aussi une question de taille. Il va sans dire que le Zimbabwe ne pourrait pas fournir la monnaie de choix pour les échanges internationaux.

Croire que le monde va troquer le dollar pour le yuan est un pari risqué… Il serait certainement plus sage d’utiliser une monnaie apatride. J’ai nommé le très décentralisé bitcoin, dont la masse monétaire fixe et le système de paiement intégré en font le candidat idéal pour remplacer le vieux SWIFT. Sans parler de la tour de Babel des CBDC.

Les monnaies s’effondrent

La livre libanaise a perdu 90 % de sa valeur en un an. Une année auparavant, c’est le Venezuela qui a découvert l’hyperinflation. Le Bolivar a souffert d’une inflation à 6 chiffres sous les coups de boutoir de l’oncle Sam. L’écroulement de la monnaie du Nigeria est un autre exemple tout récent. Les nigérians échangent désormais l’équivalent de 200 millions $ par mois en BTC.

Il y a deux ans, la lire turque a perdu 50 % de sa valeur en l’espace d’un été (pilonnée par la JP Morgan). Et alors que la lire chute de nouveau depuis quelques jours (-17 % en une seule nuit), les recherches du mot « bitcoin » sur internet ont augmenté de 500 % en Anatolie…

Tout cela pour dire que le commerce mondial ne peut pas fonctionner avec des centaines de monnaies pouvant s’écrouler du jour au lendemain. Les nations préfèrent détenir leurs réserves dans une ou deux monnaies qui ne risquent pas de s’écrouler. Le dollar remplit ce rôle. Non seulement à cause du pétrodollar, mais aussi parce que les États-Unis sont la première puissance mondiale.

Mais le fait est que la trajectoire exponentielle de la dette américaine est extrêmement inquiétante, d’autant plus que nous avons très probablement franchi le pic pétrolier… Rendez-vous compte que les Etats-Unis doivent faire plus de 4 $ de dette pour chaque $ de PIB supplémentaire. Cela ne pas pas durer bien longtemps…

quantité de dette en dollars nécessaire pour générer un dollar de PIB supplémentaire / Source : zerohedge

Les dettes ne seront pas remboursées. Enfin si, via une inflation douloureuse… Robert Kaplan, le gouverneur de la FED de Dallas, a déclaré s’attendre à une inflation de 2.5 % pour cette année… Un exemple parmi tant d’autres : le prix de l’acier a été multiplié par trois en 7 mois.

prix de l'acier
Prix de l’acier (une bougie = un mois)

Le monde à l’heure du bitcoin

Certains pays ont bien compris que le dollar menace de s’effondrer et qu’il est temps de s’intéresser au bitcoin. C’est le cas de l’Iran et du Venezuela, deux pays ayant de larges réserves de pétrole et bien d’autres matières premières. Caracas regorge par exemple de nickel, fer, bauxite, diamant et même de l’or.

En parlant de la relique barbare, le président de la FED a déclaré ce lundi que « le bitcoin est un substitut à l’or ». Que de chemin parcouru depuis que Jean-Claude Trichet (ex-BCE) a comparé le bitcoin à la bulle des bulbes de tulipes, il y a deux semaines à peine

La FED confirme donc très officiellement que le bitcoin est de l’or digital. Et bientôt monnaie de réserve internationale… Il faut en tout cas l’espérer, car un pétrobitcoin permettrait de préserver la paix menacée par la course au privilège exorbitant.

Et pendant ce temps, du côté de Moscou :

“Nous devons passer à des paiements en monnaies nationales et en monnaies mondiales, alternatives au dollar. Nous devons renoncer à l’utilisation des systèmes de paiement internationaux contrôlés par l’Occident”

Sergei Lavrov, ministre des Affaires étrangères russe, le 23 mars 2021

S’il vous fallait un signal d’achat…

À noter aussi qu’Elon Musk vient d’annoncer qu’il est désormais possible d’acheter ses Teslas en bitcoin. Nous le savions, mais le fait que l’administration ne se soit pas interposée est bon signe…

ELon Musk Tesla bitcoin
“Vous pouvez désormais acheter une Tesla en bitcoin” / “Tesla utilise un programme interne et opensource pour gérer son Node. Tesla ne reconvertira pas ses bitcoins en monnaie fiat”

Terminons en soulignant que l’hémorragie de bitcoins depuis les exchanges continue, ce qui est aussi un très bon signe.

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