La BCE fait le jeu du Bitcoin (BTC) avec une annonce choc sur l’inflation

Le Conseil des gouverneurs de la BCE a approuvé sa nouvelle stratégie de politique monétaire à l’occasion de sa “Stategy Review“. Les banquiers de Francfort s’autorisent désormais à laisser filer l’inflation au-dessus de 2 %. Il est vraiment temps d’avoir du Bitcoin…

La disparition de la croissance…

Le papier commence avec un constat aussi peu encourageant que vague :

« Le ralentissement de la croissance tendancielle, lié à l’affaiblissement de la croissance de la productivité et des facteurs démographiques, ainsi que les répercussions de la crise financière mondiale ont entraîné une baisse des taux d’intérêt réels d’équilibre. »

Traduction : « la croissance ne reviendra pas, ce qui empêche de remonter les taux sous peine d’explosion de la bulle d’endettement ».

Avant d’aller plus loin, observez le langage orwellien des banquiers qui préfèrent parler de « productivité » plutôt que de « d’approvisionnement en pétrole ». Cela va quand même mieux en disant les choses clairement.

Les importations pétrolières européennes ne cessent de chuter depuis le pic de pétrole conventionnel de 2007 et les choses n’iront pas en s’arrangeant puisque la Russie et les pays d’ex-URSS – qui fournissent plus de 40 % du pétrole de l’UE – semblent être entrées en 2019 dans un déclin systématique. De même que la production de la mer du Nord (30 % de l’approvisionnement de l’UE) qui baisse de 5 % par an…

Approvisionnement pétrolier de l’Europe (Norvège incluse) depuis 1965 / Source : Jancovici.com
En rose : production domestique (essentiellement de la Mer du Nord), qui décline depuis 2000.
En vert : importations (elle déclinent depuis 2005, soit peu avant la crise ).
Il est facile de comprendre avec ce graphique pourquoi les trente glorieuses se sont terminées dans les années 1970…

Dans ces conditions, il est difficile de générer la sacro-sainte croissance absolument nécessaire pour rembourser les intérêts de la dette. Pire, de nombreux pays et entreprises ont même du mal à rembourser ne serait-ce que la dette…

Dit autrement, la BCE est obligée de boucher les trous (défauts de remboursement) en imprimant de l’argent. Dit autrement encore, nous avons rendez-vous avec l’inflation. D’où la décision prise aujourd’hui par la BCE de marcher dans les pas de la FED en abandonnant son objectif d’inflation strictement inférieur à 2 %.

Un objectif d’inflation “symétrique fixé à 2 % à moyen terme”…

Plutôt que d’avouer l’imbécilité de l’idéologie libérale inconsciente des limites physiques de la planète (et nous ayant mené droit dans le mur climatique en un temps record), les technocrates de Bruxelles ont décidé d’effacer leurs problèmes avec de l’inflation.

En d’autres termes, la dette sera remboursée graĉe à l’inflation (spoliation de notre pouvoir d’achat). Dans son langage fleuri, la BCE dit viser une inflation « symétrique de 2 % à moyen terme pouvant se traduire par une période intermédiaire d’inflation légèrement au-dessus de l’objectif ».

Auparavant, la BCE se donnait pour unique mandant de maintenir l’inflation strictement en dessous, mais proche de 2 %. Désormais, l’inflation pourra s’envoler sans que la BCE ne soit obligée d’arrêter d’imprimer de l’argent.

Pour rappel, la FED a décidé la même chose l’année dernière avec pour conséquence que l’inflation est remontée au plus haut depuis plusieurs décennies : 5 % (par an). Cela doit être la définition du mot “légérement” dans la novlangue des banquiers centraux…

Les prix immobiliers font intégrés au calcul de l’inflation

C’était l’autre annonce importante de la journée. Le conseil des gouverneurs admet enfin que « l’inclusion des coûts des logements occupés par leur propriétaire dans le calcul d’inflation permettrait de donner une meilleure estimation du taux d’inflation pertinent pour les ménages ».

Ne sabrez pas le champagne pour autant puisque nous pouvons lire dans le commmuniqué de la BCE que « plusieurs années seront nécessaires pour inclure pleinement ces coûts dans l’IPCH ».

Entre-temps, la BCE utilisera des mesures de l’inflation qui intègrent des « estimations » des coûts des logements. Comme toujours, il suffit de regarder ce que font les Américains pour se faire une idée de la chose.

La courbe rouge du graphique suivant représente la réalité des prix immobiliers aux États-Unis. La courbe verte représente « l’estimation » que la FED utilise dans son calcul d’inflation. Nous voyons que l’inflation est largement sous-estimée, à dessein, bien entendu, car il ne faudrait pas que les petites gens se rendent compte qu’ils vivent dans un système d’esclavage par l’inflation.

homeowners CPI vs Case-Shiller index

Par ailleurs, il n’aura échappé à personne que les nouvelles générations ne peuvent plus devenir propriétaires. La bulle la bulle immobilière est à deux doigts d’exploser. Il y a donc fort à parier que l’indice d’inflation commencera à chuter lorsque la BCE l’intégrera dans le calcul…

De cette façon, la baisse de l’inflation résultante donnera le feu vert pour continuer à faire marcher la planche à billets et alimenter la fuite en avant de cet endettement ponzien. Machiavélique.

Terminons en martelant que les chiffres d’inflation sont déjà largement en dessous de la réalité grâce à d’innombrables artifices comptables dont l’INSEE et Eurostat ont le secret. La baisse du pouvoir d’achat va s’accélérer à moins de posséder une monnaie ayant une masse monétaire absolument fixe. #Bitcoin

Plus d’actions

Journaliste / Bitcoin, géopolitique, économie, énergie, climat

DISCLAIMER

Les propos et opinions exprimés dans cet article n’engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d’investissement.

Source link

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *