Fidelity (3300 milliards) – “Il ne s’agit plus de savoir s’il faut acheter du Bitcoin, mais combien”

Un actif très rare

Les premières lignes sont consacrées à la masse monétaire finie du bitcoin :

« L’offre totale est limitée à 21 millions de bitcoins. Les mineurs reçoivent une récompense – des bitcoins fraîchement créés – pour chaque nouveau bloc généré, acceptéet ajouté à la chaîne des transactions en bitcoin. Cette récompense est divisée par deux tous les 210 000 blocs, soit environ tous les quatre ans. Depuis mai 2020, la récompense n’est plus que de 6,25 bitcoins par bloc (environ 200 000 dollars au moment où nous écrivons ces lignes). Ce système crée une courbe d’offre asymptotique synonyme de rareté. Aujourd’hui, environ 18,6 millions de bitcoins sur un total de 21 millions ont été créés, mais il faudra encore de nombreuses années (120, à peu près) miner le dernier bitcoin. »

Pour l’auteur, « la décroissance de l’offre du bitcoin en fait un actif rare. Contrairement à la monnaie fiat que les banques centrales sont, me semble-t-il, prêtes à imprimer à l’infini ». Comme ça, les choses sont dites…

La démonstration continue avec une mise en perspective via le fameux modèle de valorisation Stock-to-Flow. Ce modèle est très simple. Il mesure le nombre d’années nécessaires pour doubler un stock donné. Plus le nombre d’années est élevé et plus l’actif en question est rare.

Après avoir bien précisé que les performances passées ne garantissent en aucun cas les performances futures, le directeur de la Macro Globale avance tout de même que le modèle plaidait pour un bitcoin à 24 000 $ en 2020, puis 463 000 $ dès 2025

Vient ensuite la loi de MetCalfe. Cette dernière dit que la valeur d’un réseau croît beaucoup plus vite que son nombre d’utilisateurs. D’après cette loi, Jurrien estime que l’adoption du bitcoin est au début d’une phase exponentielle. Ce qui est de très bon augure pour le bitcoin puisque cette demande exponentielle fait face à une offre limitée.

Gold vs Bitcoin

L’auteur compare ensuite la cryptomonnaie et la relique barbare :

« L’or a une longue histoire, presque incontestée, en tant que réserve de valeur et de protection contre l’inflation. Il fut utilisé comme monnaie bien avant que le roi Crésus n’invente les pièces. L’or a servi d’épine dorsale au commerce mondial pendant des millénaires. Les États-Unis se sont construits sur l’étalon-or. L’or a servi de monnaie jusqu’en 1944 avant de devenir l’actif de réserve garantissant le dollar. Mais depuis 1971, après que le président Richard Nixon eut abandonné les accords de Bretton Woods (et l’étalon-or), nous sommes entrés dans l’ère de la “monnaie fiat”. Nous y reviendrons. »

Depuis les années Nixon, les réserves d’or sont de moins en moins importantes dans le système monétaire international. Alors que l’or représentait “la moitié des réserves de change en 1970“, il n’en représente désormais “pas plus qu’un dixième“.

Fidelity avance que cette divergence est liée à la planche à billets qui tourne à plein régime depuis la crise de 2008. Un rythme « à couper le souffle » illustré par le fait que le bilan de la FED représente désormais 35 % du PIB, soit plus qu’au sortir de la seconde guerre mondiale. En conséquence de quoi, l’or est redevenu attrayant ces dernières années. Mais aussi le bitcoin, qui est une forme « d’or digital ».

Quant à savoir qui de l’or ou du bitcoin est la meilleure réserve de valeur, Fidelity met en avant le fait que l’IRS et le Trésor US pourraient heurter le bitcoin. « L’incertitude vis-à-vis de sa réglementation pourrait affecter la demande », peut-on lire dans le papier qui reconnaît toutefois la supériorité de la cryptomonnaie au vu de son stock absolument fini.

En effet, la production d’or ne diminue pas : « au rythme actuel, le stock d’or double tous les 60 ans. Dit autrement, l’or est rare, mais ne devient pas de plus en plus rare, contrairement au bitcoin ».

Un Bitcoin à 460 000 $ d’ici 2025 ?

« Ni l’or, ni le bitcoin n’offre de rendement. Mais il en va de même pour les rendements obligataires mondiaux qui sont proches de zéro. Bloomberg rapporte qu’il y a 18 000 milliards de dollars de dettes à rendement négatif dans le monde. Même aux États-Unis les taux réels sont négatifs depuis la mi-2019. […] Il ne s’agit pas d’un “détail”, mais plutôt d’une évolution majeure : l’or et le bitcoin sont devenus compétitifs par rapport aux obligations, compte tenu des faibles taux d’intérêt actuels. Dans un monde investi traditionnellement à 60/40 (bourse/dette), l’or et le bitcoin vont à mon avis se faire une place dans la tranche des 40 %. »

Dans ce contexte, en sachant que le bitcoin pèse moins de 1000 milliards de dollars, son potentiel laisse rêveur. Que vaudra le Bitcoin lorsqu’il s’ajoutera à la liste « des actifs dans lesquels il est possible d’investir (Bourse + obligations) » qui représente 160 000 milliards de dollars ? Rappelons aussi que le stock d’or mondial vaut environ 11 000 milliards !

Jurrien se livre ensuite à une comparaison entre l’or et la bourse, en rappelant que cette dernière n’est pas une protection en cas d’hyperinflation :

« Au début de 1919, un dollar américain valait neuf marks allemands. En novembre 1923, ce même dollar pouvait acheter 4,2 milliards de marks… […] Mais le mark ayant perdu toute sa valeur, les actions allemandes, même très chères, ne valaient pas grand-chose dans d’autres devises. Et c’est là que l’or entre en jeu comme étant peut-être la réserve de valeur ultime pendant un épisode d’hyperinflation. »

Le superbe graphique suivant montre toutefois qu’à long terme, la bourse et les obligations rapportent beaucoup, beaucoup plus. Mais seulement si les gains de l’année précédente sont systématiquement réinvestis. Nous pouvons y voir l’évolution du pouvoir d’achat sur le long terme (depuis 1700) de la monnaie fiat, la bourse, les obligations et l’or.

L’or est la nouvelle star depuis le choc Nixon

Ce graphique signifie qu’un billet de 1 $ de 1700 aurait en 2020 un pouvoir d’achat de 65 $Un dollar en or aurait lui un pouvoir d’achat de 94 $. Soit très peu comparé à un dollar sous forme d’action de bourse qui vaudrait aujourd’hui près de 4 milliards $. Le succès de la bourse montre que le réinvestissement des dividendes est un processus exponentiel. “La bourse offre donc une protection contre l’inflation tout en offrant des dividendes dont l’accumulation entraine un effet boule de neige“, déclare Jurrien. Le résultat est sensiblement le même que l’on parte de 1700, 1800 ou 1900.

Néanmoins, tout change après 1970, après que les États-Unis aient quitté les accords de Bretton Woods en abandonnant l’étalon-or (Gold Standard). Depuis lors, le métal jaune offre un retour sur investissement plus élevé que les obligations et beaucoup plus rapide que l’inflation (officielle…). Il fait même jeu égal avec la bourse.

Pour conclure, rappelons que nous sommes entrés en 2018 dans une ère de raréfaction du pétrole. Et vu que ce pétrole fait fonctionner plus de 95 % de la machinerie mondiale, il est permis d’être très inquiet pour les perspectives de croissance économique et la valeur de la monnaie fiat…

Ajoutez à cela des dettes au plus haut historique servant des taux réels négatifs, et il fait effectivement sens d’anticiper une période de forte inflation propice aux réserves de valeur. Ou tout du moins de leur faire une place de plus en plus grande dans son portefeuille d’investissement pour remplacer certaines obligations.

Jurrien Timmer ne dit pas autre chose en conclusion de son papier. Ce n’est donc qu’une question de temps avant que le quatrième plus grand fonds d’investissement du monde n’achète du Bitcoin

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