Collision entre le Bitcoin et la banque des règlements internationaux le 22 Mars

Le New York Times a préparé le terrain en publiant un article presque complaisant à l’égard de la première monnaie du genre: le très dystopique eCNY chinois, aka “cryptoyuan” (Hahaha). Voici un avant- goût du monde d’après…

« La chine fait la course en tête avec sa monnaie digitale nationale »

Tel est le titre de l’article du New York Times qui insiste dès le chapeau introductif sur le fait « qu’aucune autre grande puissance n’est à un stade aussi avancé ». Connaissant l’auteur et son livre Digital Gold, il est fort possible que son article ait été maquillé par son rédacteur en chef en vue de brosser le yuan sous un beau jour. Mais qu’importe, le fond de l’article reste très intéressant.

Les premières lignes mettent en perspective l’expérience d’Annabelle Huang qui, par chance, a gagné 200 yuans digitaux au cours d’une loterie :

« Après s’être inscrite à cette loterie via l’application du réseau social WeChat, Mme Huand, 28, une stratège d’entreprise, a reçu une enveloppe de 200 yuans digitaux (200 eCNY, soit environ 30 $). Pour les dépenser, elle se rend dans une supérette pour acheter quelques noix et du yaourt en tendant un QR code provenant de l’application de sa banque. »

Réaction de l’intéressée : « la façon de payer est très similaire à celle des autres applications de paiement », concédant toutefois que le processus n’était pas aussi fluide.

Retenons de cette petite introduction que le yuan digital, à priori, ne semble pas court-circuiter les banques privées. En effet, il est dit que la transaction est réalisée via l’application de sa banque. Et non pas via une app de la banque centrale. Mais puisque l’on nous précise que le paiement n’est pas aussi « fluide », on imagine qu’il s’agit bien de deux monnaies distinctes.

La question étant : pour combien de temps ? Combien de temps avant que la banque centrale chinoise n’absorbe toutes les banques privées et mette en place la vision de Jack Ma. C’est-à-dire un système où une “IA” passe toutes les données privées à la moulinette pour trouver elle-même les bons citoyens digne d’emprunter…

Une monnaie qui s’autodétruit…

Voici un autre passage très intéressant :

« Alors que le bitcoin a été conçu pour être décentralisé, afin que personne ne puisse le contrôler, les monnaies digitales créées par les banques centrales permettent aux gouvernements de renforcer leur emprise financière. Ces monnaies peuvent expirer et disparaître si elles ne sont pas dépensées avant une certaine date. Elles peuvent également simplifier la vie des gouvernements souhaitant suivre les transactions financières en vue d’interdire l’évasion fiscale ou couper les vivres aux dissidents. »

Les choses s’éclaircissent… Le but de la manoeuvre est de faire disparaître le secret bancaire et de révéler nos historiques d’achats. Cerise sur le gâteau, il ne sera plus permis d’épargner puisque l’argent aura une “date d’expiration“… Ce serait à la limite acceptable si le yuan digital était distribué gratuitement. Mais qui nous dit que cette destruction programmée de l’argent ne finira pas par concerner chaque centime en circulation ? Ne soyons pas naïfs.

Ainsi, non content de créer une société d’hyper-consommation absolument incompatible avec la protection du climat, il s’agit aussi de contrôler la façon dont nous dépensons notre argent via l’autocensure générée par le fait de se savoir épié et noté.

En outre, tout cela suggère évidemment que la prochaine étape sera la fin du cash afin de ne laisser aucune échappatoire à ce que l’on pourrait finalement appeler des “taux négatifs” sur l’épargne.

« C’est plus que de la simple monnaie »

A déclaré Yaya Fanusie, membre du think tank Center for a New American Security, dans un récent papier avançant que le yuan digital permettra de créer des outils de collecte des données afin de mieux piloter l’économie.

Nous pouvons lire plus loin :

« Ce système de CBDC, que le gouvernement chinois appelle Digital Currency/ Electronic Payment (DCEP), permettra probablement au Parti communiste chinois de renforcer son autoritarisme digital au niveau national, et d’exporter son influence et ses normes à l’étranger. »

Cette dernière phrase fait écho à un autre article paru dans China Finance, la gazette de la banque centrale chinoise :

« Le droit de créer et de contrôler des monnaies digitales va devenir un nouveau terrain d’affrontement entre États souverains. »Pub

Nous parlons ici de la capacité de commercer directement entre pays en court-circuitant le réseau SWIFT qui noyaute actuellement toutes les transactions internationales. Celui-là même que les États-Unis utilisent pour empêcher l’Iran de vendre son pétrole à la Chine.

L’empire du milieu rêve d’obtenir le même privilège exorbitant dont jouit l’Oncle Sam avec le dollar qui, rappelons-le, est la seule monnaie que l’Arabie Saoudite accepte en paiement de son or noir.

Cela étant dit, probablement que l’Iran des ayatollahs n’est pas spécialement attiré par le totalitarisme pékinois. Gageons également que le pays n’envie pas le sort de l’Arabie Saoudite et son assujettissement à l’empire US.

C’est en tout cas ce que suggère fortement le think tank Center for Strategic Studies qui vient tout juste de conseiller au gouvernement iranien de miner le bitcoin « pour contourner les sanctions américaines ».

Ou bien s’agit-il de signaler aux Chinois que son pétrole sera bientôt vendu en bitcoin ?…

Le Bitcoin est un rempart contre le totalitarisme et la guerre

« Il s’emporte », direz-vous. Pas le moins du monde. Ce sont bien ces raisons, et non pas les tweets d’Elon Musk, qui font que le bitcoin s’apprécie de plus de 230 % par an en moyenne.

Une bande d’illuminés au sein du parti chinois voudrait créer des armées de clones aux comportements garantis par la surveillance de masse et le « Crédit Social » – une note attribuée à chaque citoyen qui, si trop basse, gèle son compte en banque.

Le bitcoin est une monnaie universelle permettant de s’évader de cette prison à ciel ouvert. De se sauver de ce lugubre apartheid 2.0 couronné de cyclopes à reconnaissance faciale par lesquels une IA binaire/fasciste scrute pour promouvoir ses semblables.

Et la guerre disions-nous. Oui, le bitcoin étant une monnaie apatride, il n’offre de privilège exorbitant à aucune nation en particulier. Il est la solution au problème de savoir si les ressources énergétiques du Moyen-Orient – sans lesquelles notre civilisation moderne n’existerait tout simplement pas – doivent absolument être vendues en pétrodollar, pétroeuro ou pétroyuan.

Les Américains n’accepteront jamais de livrer leur privilège exorbitant aux Chinois. En revanche, il est envisageable que l’Oncle Sam accepte de jouer à armes égales. Et c’est là que le bitcoin, une monnaie contrôlée par personne, entre en piste. Oubliez les droits de tirage spéciaux du FMI…

Alors, le 22 mars ?

Maintenant que nous connaissons les enjeux, la question est de savoir ce que nos trois banquiers vont faire.

Le président de la BUBA a rappelé il y a peu que “l’Eurosystème est clairement opposé à la fin du cash“. Même opinion pour Agustin Carsten d’après sa dernière interview datant du 26 février. Quant à Powell, bonne chance pour retirer aux américains leurs précieux dollars. Les chances que les trois comparses décident de lancer un “Euro/Dollar Digital” sont donc probablement minces.

Néanmoins, une interview datant du 03 mars de Weidmann semble vaguement laisser la porte ouverte à des moyens de paiement liés à notre nouveau pass-sanitaire européen dont la mise à l’étrier pourrait prendre la forme d’un pass-sanitaire. Qui sait…

Après avoir plaisanté sur la pauvre logistique allemande concernant la distribution du vaccin, Weidmann a déclaré “être d’avis qu’une rapide campagne de vaccination est la clef pour rouvrir l’économie“. Cette prise de position est pour la moins suspicieuse pour un banquier central qui ne devrait pas faire de politique.

Tout cela étant dit, s’il s’agit d’annoncer le 22 mars un Euro/Dollar digital utilisé seulement par les banques centrales afin d’empêcher la Chine de s’émanciper du réseau SWIFT, grand bien leur fasse.

Suivez de près ce BIS Innovation Forum qui s’étalera sur trois jours et auquel une floppée de banquiers centraux seront présent.Pub

Vous ne regretterez pas la lecture de cet autre article écrit par un journaliste Français basé en Chine qui raconte la dystopie du pass-sanitaire:

La société chinoise s’est faite happer par la surveillance de masse. Soyons attentifs avec ce pass-sanitaire…

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