Bitcoin, USA, Chine, Russie, Europe – Un Bras de fer monétaire titanesque

Tensions en Alaska

Ce fut la première rencontre sino-américaine officielle depuis que Joe Biden a pris ses quartiers à Washington. Antony Blinken, le Secretary of State américain, a brisé la glace en glissant les amabilités habituelles à propos des atteintes aux droits de l’homme du côté de Hong Kong et du Xinjiang.

Les pressions et les attaques cybernétiques sur Taïwan se sont aussi retrouvées sur la table. En effet, l’empire du milieu considère l’île comme faisant partie de sa chair. Le parti communiste perçoit le gouvernement Taiwanais comme un gouvernement exilé qu’il faut à tout prix anéantir. Sans compter qu’une annexion permettrait de récupérer les secrets technologiques de fabrication de microprocesseurs. D’ailleurs, la récente pénurie orchestrée par Tapei est très probablement un message adressé à Biden si ce dernier avait dans l’idée de l’utiliser comme monnaie d’échange géopolitique…

A propos de marchandage géopolitique, Blinken a fait état d’une conversation « franche » à propos de l’Iran. Yang Jiechi, le ministre des Affaires étrangères Chinois, a fustigé « l’usage de la force militaire, l’hégémonie financière ainsi que l’extraterritorialité du droit US pour réprimer d’autres pays ». Difficile d’être plus franc…

La Perse est effectivement le nœud gordien de l’affaire étant donné que la Chine se moque de l’embargo décrété par les États-Unis. Les tankers de pétrole continuent leur va-et-vient entre le golfe persique et les ports chinois, alors même que la république islamique refuse de vendre son pétrole en dollar ! D’où la controverse impériale puisque les Américains tirent l’essentiel de leur puissance du pétrodollar…

Pékin veut investir massivement en Iran pour y développer l’industrie pétrochimique et il y a fort à parier que l’essentiel du projet pharaonique des nouvelles routes de la soie aient surtout pour objectif de s’arrimer aux réserves énergétiques perses. L’ambition à peine voilée étant, in fine, de jouir du même privilège exorbitant que l’oncle Sam : acheter l’or noir dans sa propre monnaie.

Reste à savoir si l’Iran est vraiment intéressé par le yuan. N’oublions pas que le pays s’intéresse de très très près au bitcoin…

Contourner le réseau SWIFT

L’impasse diplomatique était à prévoir étant donné la passe d’armes entre les présidents russe et américain. Ce dernier a traité Vladimir Putin de « tueur ». La réponse est arrivée jeudi dernier, jour anniversaire de l’annexion de la Crimée. Le tsar russe a souhaité « une bonne santé, sans ironie aucune » à Biden. Une attention qui aura probablement eu l’effet d’une lame pour celui dont les pertes de mémoire trahissent une santé mentale dégradée…

« Quand j’étais petit, lorsque nous arguions dans la cour de récréation, nous avions coutume de dire : ‘c’est celui qui le dit qui l’est », a-t-il ensuite lancé avant d’asséner que « les défauts et qualités que nous voyons chez les autres sont ceux que l’on a soi-même ».

A noter que ce weekend, pour la première fois depuis très longtemps, l’ensemble des forces sous-marines russes stationnées en mer noire ont plongé. Encore plus effrayant, un sous-marin russe croisant en méditerranée a disparu des sonars de l’OTAN

Et ce lundi, Lavrov a déclaré que « les relations entre la Russie et la Chine sont considérées par nos dirigeants nationaux et nos citoyens comme les meilleures de toute leur histoire ». Ce n’est plus un secret pour personne que le tango eurasiatique cherche à débarrasser le système monétaire international du dollar. Le timing de cette visite n’est pas anodin puisque le BRI Innovative Summit de la banque des règlements internationaux se déroulait le même jour.

L’interview tant attendue de Jerome Powell (FED), Jens Weidmann (BCE) et Agustin Carsten (BRI) ont en effet affiché un front commun, se disant prêts à lancer un CBDC. Comprenez ici que les banquiers occidentaux se tiennent prêts à contrer la Chine si nécessaire.

Autre chose, les choses semblent se préciser concernant la fin du cash et la surveillance de masse…

Le CBDC en remplacement du réseau SWIFT ?

Le président de la FED a de nouveau signalé qu’il n’y a pas d’urgence concernant le CBDC. « Le dollar est déjà la monnaie de réserve internationale », a-t-il déclaré, laissant entendre par là qu’il dégainera un CBDC seulement si la Chine tentait de bâtir un nouveau système de paiement international. Pour être précis, il s’agirait de court-circuiter le réseau SWIFT qui noyaute actuellement toutes les transactions internationales.

Jerome Powell n’est pas pressé car même si l’internationalisation du yuan va bon train, il faudra attendre plusieurs années avant que le yuan chinois devienne véritablement menaçant. En tout cas, il n’y a pas grand chose à craindre tant que l’Iran ne vendra pas son pétrole en yuan…

Interrogés maintes fois à propos du Bitcoin, les banquiers ont soigneusement évité de prononcer son nom, comme si la cryptomonnaie était devenue le Voldemort de la finance. Le président de la FED s’est bien laissé allé à plusieurs poncifs usés jusqu’à la corde (débit de transactions, volatilité, etc), mais ce sont plutôt les stablecoins qui en ont pris pour leur grade.

Les banquiers sont bien placés pour savoir qu’un stablecoin est un système de réserve fractionnaire adossé à un autre système de réserve fractionnaire. Dit autrement, un « shitfiat » au carré…

Mais loin de vouloir tout rejeter, les trois banquiers se sont montrés très intéressés par les « innovations » en provenance de la tech. Ces innovations étant bien évidemment la surveillance de masse et l’analyse des données privées par des algorithmes. Le but étant de pouvoir centraliser la décision de prêter de l’argent, ou pas, en fonction du « credit score » fourni par les GAFAM… C’est en définitive la même chose que le cauchemard du Crédit social à la Chinoise.

Pire, Jens Weidmann, le représentant de la banque centrale européenne, a déclaré qu’un « CBDC pourrait venir remplacer le cash à mesure que les citoyens s’en détournent ». Ça y est, la BCE franchit le rubicond alors que Jens Weidmann jurait ses grands dieux il y a quelques semaines que l’Euro-système est clairement opposé à la fin du cash. Les masques tombent. Il ne faut jamais faire confiance à un banquier…

“Le bitcoin est un substitut à l’or”

Les banquiers centraux avancent donc à pas de loup avec deux types de CBDC dans leur besace. D’un côté un CBDC « wholesale » dont la BRI se servira pour contrer la tentative sino-russe de créer un nouveau système de paiement international.

Et de l’autre un CBDC « retail ». Un prélude à la fin du cash doublé d’une fusion avec la Big Tech/Data afin de s’assurer que seul un certain type de personnes ait accès en priorité au crédit. Nous entrerons alors dans un engrenage menant au techno-fascisme et l’apartheid 2.0.

En prenant un peu de hauteur, il n’est pas non plus difficile d’imaginer que ce CBDC sera l’infrastructure permettant d’avaler les banques privées le temps venu. C’est-à-dire lorsque la diminution de la production de pétrole rendra impossible le remboursement des dettes, faute de croissance suffisante. Croissance = énergie… À ce titre, surveillez de près la production de « shale oil » aux États-Unis. Lorsque les limites seront atteintes, les faillites bancaires vont s’accumuler et seul le bitcoin offrira un refuge liquide.

Enfin, retenons que le président de la FED a déclaré que le “bitcoin est un substitut à l’or”. Joli perspective quand une simple règle de trois nous dit qu’un BTC vaudra 500 000 $ lorsqu’il égalera la relique barbare…

Source link

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *