Bitcoin (BTC) – La BCE bousculée par le Financial Times

Digital Euro et vie privée…

C’est ainsi. Tout transfert de données laisse des traces. Chacun de nos clics et coups de pouces génère des métadatas qui passent de plus en plus à la moulinette de l’IA. Le but étant d’en déduire des traits de personnalité à des fins prédictives. Comment allez-vous dépenser votre argent ? Pour qui allez-vous voter ? Les possibilités sont infinies.

Ces traces informatiques sont encore plus saillantes dans le cas des transferts d’argent. C’est d’ailleurs l’essence même du banquier que de garder la trace de notre argent. Il est un tiers de confiance s’assurant que telle personne possède bien telle somme. Ce dont le bitcoin nous a libéré, soit dit en passant…

Le FT a donc demandé ce que la BCE comptait faire pour protéger la vie privée des citoyens et la réponse du gouverneur n’a pas été franchement rassurante :

« La vie privée sera mieux protégée car nous ne sommes pas comme les entreprises privées. Nous n’avons pas d’intérêt commercial à stocker, croiser ou monétiser les données des utilisateurs. […] Les gens se sentent plus en sécurité si leurs informations sont entre les mains de la banque centrale – une institution publique – plutôt qu’entre les mains d’entreprises privées. »

L’interview commence donc par un mensonge. La BCE n’est pas une « institution publique » mais une institution indépendante dirigée par une des banquiers non élus. Nous en avons eu la démonstration lorsqu’Emily O’Reilly, la médiatrice européenne, a reçu une fin de non-recevoir de la part de la BCE après avoir intimé à Mario Draghi de couper les ponts avec l’obscur Club G30, le « Bilderberg bancaire ».

Il faut un sacré culot pour laisser entendre que les citoyens feraient confiance aux banquiers. Le FT a donc rétorqué : « Si vous êtes un organisme public, n’est-il justement pas préoccupant que le gouvernement puisse espionner la façon dont les gens dépensent leur argent ? »

Pris à son propre piège, Panetta s’est bien gardé de dire que les gouvernements n’auront pas accès à ces informations… Il a plutôt botté en touche, assurant que la « BCE n’abusera pas de ces données ». « La législation européenne est la plus avancée au monde en matière de protection des données ».

Voilà qui ne rassurera pas grand monde… Il est en vérité écrit d’avance que la BCE finira aussi par utiliser l’IA pour faire parler nos historiques d’achat. Cette centralisation est très inquiétante…

Dans son élan, Fabio Panetta a même tenté de nous amadouer en lançant que « la BCE n’est pas une institution cherchant à maximiser ses profits ».« Nous travaillons dans l’intérêt des citoyens ».

Comme si nous ignorions que les milliers de milliards imprimés par la BCE provoquent de l’inflation. Comme si nous ne savions pas que ces océans d’argent finissent dans la poche de leurs amis milliardaires via la hausse des bourses…

Quel est le calendrier ?

« Si le Conseil des gouverneurs nous donne le feu vert en juillet, nous entamerons la phase de conception. Nous reviendrons vers le Conseil des gouverneurs d’ici deux ans et interagirons avec le Parlement, la Commission, le Conseil et l’Eurogroupe, car l’euro numérique nécessitera des modifications législatives. Ensuite, nous comptons trois ans pour le mettre en œuvre en travaillant avec les fournisseurs de technologie et les banques. »

À la question de savoir si la BCE gérera elle-même les comptes des citoyens européens, Panetta a répondu par la négative.

« L’Europe compte 2 millions d’employés de banque gérant 400 millions de comptes bancaires. Il est impossible que la BCE puisse faire la même chose. Nous ne voulons pas changer la structure du système. […] Nous souhaitons que les banques privées s’occupent de gérer les comptes en euros numériques. »

Dit autrement, nous nous dirigeons vers un système où nos historiques d’achat seront connus de la banque centrale, des banques privées, mais également de la Big Tech qui fournira les services de paiement.

Un euro digital pour quoi faire ?

Le FT a posé LA question qui dérange : “Quel problème la BCE cherche-t-elle à résoudre ? Quel est l’intérêt de ce digital euro ?

Aucune bonne raison n’a évidemment été fournie. Le gouverneur a lancé que « les gens achètent de plus en plus en ligne, de moins en moins en cash », et qu’il est « relativement difficile de payer en ligne avec du cash »…

Réponse immédiate du journaliste : « je peux déjà payer de manière électronique avec ma carte visa »…

Imparable. Le banquier a probablement bégayé en lâchant que l’on ne « peut pas utiliser sa carte visa dans tous les magasins de Francfort »… Le banquier s’est montré un peu moins ridicule en concédant que chacun devrait pouvoir accéder à une monnaie « sans risque », suggérant par là qu’il ne faut pas oublier que les banques peuvent faire faillite, contrairement à la BCE. « La crise des subprimes fut un électrochoc. Les gens ont compris la différence entre avoir de l’argent sur son compte en banque ou directement sous forme de cash ».

L’émissaire du journal londonien ne s’est alors pas privé de faire remarquer qu’échanger librement ses euros BNP contre les euros de la BCE pourrait grandement déstabiliser les banques en cas de crise. Ils pourraient exacerber un bank run.

« Absolument. Nous réfléchissons à la manière d’éviter les bank run. Mais le fait est que nous voulons offrir un moyen de paiement, et non pas un outil d’investissement. Nous envisageons de plafonner le montant pouvant être détenu à 3 000 euros, pas plus », a répondu Panetta.

En d’autres termes, nous aurons droit à 3000 « euros sans risques » en cas de faillite bancaire. Pour le reste…

L’autre solution avancée est d’imposer un taux négatif au-dessus de 3000 euros pour dissuader les gens de garder tout leur argent sous forme d’euros numériques.

Kafkaïen…

Fin du cash et Bitcoin

Questionné sur les taux négatifs, le gouverneur a fait une réponse qui laisse perplexe :

« Nous ne prévoyons pas de faire disparaître le cash. […] si vous abaissez les taux d’intérêt en territoire négatif, les gens se tourneront vers le cash. Nous n’utiliserons donc jamais l’euro numérique dans le but précis d’imposer des taux d’intérêt profondément négatifs vu que nous continuerons à fournir des espèces. »

Dit plus simplement, la BCE ne peut pas généraliser les taux négatifs tant que le cash existera. C’est probablement dans ce sens qu’il faut comprendre le gouverneur puisqu’il dira plus loin :

« L’Euro numérique sera un grand pas pour la digitalisation. […] L’euro numérique et le cash pourraient coexister mais je suis certain que tout le monde finira par utiliser uniquement des moyens de paiement digitaux d’ici 20 ans. »

Ne soyons pas dupes. La fin du cash est la cerise sur le gâteau totalitaire et la BCE voit d’un très mauvais œil la concurrence du bitcoin :

« Il n’y a aucun mécanisme permettant d’empêcher un investisseur se trouvant dans la zone euro d’acheter des crypto-actifs. Ils ne sont pas des devises. Ils ne sont pas de la monnaie. Les risques sont très élevés. »

On sent ici le regret profond de ne pas avoir interdit le bitcoin quand il était encore temps…

« À mon avis, les crypto-actifs sont des animaux très dangereux. […] nous savons que ces crypto-actifs sont largement utilisés pour des activités criminelles. La consommation d’énergie est également un problème. Le mining de bitcoin consomme une énorme quantité d’énergie. Ce n’est pas durable. »

Fabio Panetta ne doit pas être au courant que le bitcoin est devenu une monnaie quand le Salvador l’a décidé. Ni que le bitcoin fonctionne à 70 % avec de l’énergie renouvelable. Terminons en mentionnant notre dernier article sur le dystopique “digital wallet” européen récemment dévoilé par la commission européenne.

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