Bitcoin (BTC) et écologie, faux débats, vrais alliés

Oui, les transactions réalisées sur le réseau Bitcoin sont consommatrices en énergie 

Impossible de le nier, le réseau Bitcoin consomme de l’énergie. La source principale de cette consommation réside dans le protocole de validation des transactions effectuées sur le réseau Bitcoin. En effet les “mineurs” du réseau qui sont chargés de valider les transactions le font en résolvant une équation mathématique que seuls des ordinateurs très puissants peuvent résoudre, ce mécanisme est appelé “Preuve de travail” ou “Proof of Work” en anglais. C’est notamment grâce à ce mécanisme que la sécurité des transactions sur le réseau décentralisé Bitcoin sont assurées. Un procédé qui a fait ses preuves puisque Bitcoin n’a jamais été hacké. En échange de la puissance de calcul allouée au réseau, les mineurs entrent dans une course à la validation des blocs qui peut leur permettre de recevoir de nouveaux Bitcoins, c’est d’ailleurs grâce à ce procédé que les nouveaux Bitcoins sont émis et peuvent entrer en circulation sur le marché. 

A ses débuts, le réseau Bitcoin présenté dans le livre blanc du mystérieux Satoshi Nakamoto en 2008 devait pouvoir fonctionner avec des mineurs qui mettrait à disposition du réseau la puissance de calcul de leur ordinateur ou même de leur smartphone pour réseoudre l’équation mathématique permettant de valider les transactions sur le réseau tout en assurant que celles-ci étaient bien légitimes. Avec la croissance du cours du Bitcoin au fil des années, l’activité de minage qui permettait de recevoir des récompenses de 50, 25, 12,5 puis désormais 6,25 Bitcoins par bloc de transaction validé suite au dernier “halving” concept qui vise à réduire par deux le nombre de Bitcoins émis lors de la validation d’un bloc a nécessité d’augmenter la puissance de calcul permettant d’obtenir les précieux Bitcoins qui viennent récompenser les mineurs essentiels au réseau décentralisé. 

La difficulté accrue du minage de Bitcoin a ainsi donné naissance à ce que l’on a appelé des “fermes de mining”, le plus souvent entreposées dans de grands hangars, des sociétés se sont spécialisées dans le business devenu très lucratif de la validation des blocs sur Bitcoin. Pour valider les blocs, il ne s’agit plus d’utiliser son ordinateur, il faut désormais investir dans des machines de minage spécialement dédiées. Plusieurs sociétés les commercialisent et fournissent ainsi les mineurs de la planète. C’est aussi l’une des activités de la société Just Mining qu’a lancé Owen Simonin, le français plus connu sous son pseudonyme de “Hasheur”. 

Une ferme de mining de Bitcoin

74% de consommation d’énergie renouvelable pour le réseau Bitcoin 

Une fois que l’on a donc compris que oui, le Bitcoin consomme de l’énergie, ce n’est pas un mythe mais une réalité. “La première version d’une technologie comporte son lot d’imperfections, Bitcoin en est l’illustration du côté des cryptomonnaies”. A partir de ce constat, deux solutions s’offrent à vous, la première c’est de s’arrêter là et de renoncer au Bitcoin, la cryptomonnaie numéro un du marché qui a démontré son efficacité et atteint une valorisation de plus de 2000 milliards de dollars en 2021. 

La seconde solution est maintenant celle que l’on se propose d’observer ensemble dans la continuité de cet article, c’est de comprendre quelle type d’énergie est utilisée par les mineurs distribuées sur la planète pour fournir de l’électricité à leur machines de minage. 

Afin de maximiser les profits issues de leurs activités de minage de bitcoins, les mineurs doivent minimiser le coût de l’électricité nécessaire à alimenter leurs machines. Ainsi l’incitation économique pousse les mineurs à se localiser là où le prix de l’électricité est le moins cher. On retrouve donc la plupart des fermes de mining proches des barrages hydroélectriques en Chine mais aussi des sources d’énergie géothermiques en Norvège ou en Islande. Selon une étude complète menée par Coinshares sur la consommation énergétique liée au mining du Bitcoin, il en ressort que 74% des activités de minage utilisent une source d’énergie renouvelable. 

De plus, l’énergie utilisée pour alimenter le minage du Bitcoin serait dans la plupart du temps perdue. En effet, en cherchant les prix les plus bas du marché, les mineurs ont ainsi consommé une énergie qui n’aurait pas pu être exploitée pour une autre activité que celle du minage de cryptomonnaie. D’ailleurs, de nombreuses sociétés du secteur de l’énergie mettent en place des fermes de minage pour tirer elle-même profits d’une énergie qui serait tout simplement perdue si elle ne servait pas à alimenter une ferme de minage. 

Vous l’aurez compris, le réseau Bitcoin consomme une quantité non négligeable d’énergie, néanmoins lorsque l’on y regarde de plus près, on se rend compte que cette énergie utilisée est en majorité en provenance de sources renouvelables et qu’il s’agit le plus souvent d’une énergie qui n’aurait pas pu être utilisé à d’autres fins. Des observations qui permettent de mettre en perspective les chiffres qui expliquent que le réseau Bitcoin consomme autant d’énergie qu’un pays comme l’Irlande. Si l’affirmation n’est pas fausse cela ne veut pas dire que l’empreinte énergétique sur l’environnement du Bitcoin est la même qu’un pays comme l’Irlande puisque plus de la moitié de l’énergie utilisée est renouvelable et cela veut encore moins dire qu’on aurait pu alimenter un pays en électricité avec l’énergie consommée par le Bitcoin puisque celle-ci provient le plus souvent d’énergie qui serait autrement non utilisée et donc gaspillée. 

Enfin, pour finir de nuancer l’impact énergétique des transactions réalisées sur le réseau Bitcoin, il faut parler du Lightning Network, une évolution technologique du réseau déployée en 2008 et qui permet d’introduire le concept de “Sidechain” des chaînes parallèles à la blockchain principale qui permettent d’enregistrer des transactions et de réduire le nombre de transactions réalisées sur la chaîne principale. Ainsi cela participe à faire baisser le coût énergétique par transaction sur le réseau. D’ailleurs, la startup française Keeex, met en avant que sa technologie d’authentification de document basée sur Bitcoin consomme moins d’⅓ que la consommation associée à l’envoi d’un email. De quoi prendre un peu de recul face aux accusations qui font passer le réseau Bitcoin pour un monstre énergétique. 

Le Bitcoin au pays des énergies renouvelables

La consommation énergétique du Bitcoin, un faux débat ? 

De part son système décentralisé et transparent basé sur la technologie blockchain, le Bitcoin est une proie facile pour ses détracteurs, en effet contrairement à un système bancaire international opaque, Bitcoin lui est transparent, on sait combien de transaction sont effectuées à chaque instant, on connaît la difficulté de mining etc… 

Alors, oui, le Bitcoin consomme de l’énergie, nous l’avons vu précédemment, mais à quoi comparer cette consommation quand on estime que cela ne représente que 10% de la consommation énergétique de l’ensemble du système bancaire international qui doit alimenter en énergie des serveurs, des bureaux de part le monde, mais aussi des distributeurs automatiques de billets. Autant d’éléments dont le réseau Bitcoin de par son architecture décentralisée se passe. 

D’autre part, Bitcoin n’est pas le seul réseau basé sur la preuve de travail, source de la forte consommation en énergie du réseau. En effet, la blockchain Ethereum, elle aussi utilise cette méthode de validation des blocs tant que la version 2.0 d’Ethereum n’est pas déployée avec un système de Proof of Stake. Encore plus ironique, le Dogecoin dont Elon Musk continue de faire la promotion sur Twitter utilise lui aussi la preuve de travail pour émettre les nouveaux Dogecoins en circulation

On aura donc de grands doutes quant à la méconnaissance des modes de fonctionnement des différents réseaux blockchain par Elon Musk. La raison la plus probable de son dernier tweet peut ainsi provenir d’une volonté des équipes marketing de se détacher de la vision d’un Bitcoin trop énergivore qui est répandue auprès d’un grand nombre de détracteurs du réseau ou alors s’agit-il simplement d’un moyen pour Musk et les comptables de Tesla de manipuler le cours à la baisse afin d’en acheter de nouveau avec un discount de 10%, un gain non négligeable quand on sait que la dernière fois ils en ont acheté pour 1,5 milliards de dollars… 

Bitcoin représente une révolution technologique, pionnière des cryptomonnaies, elle comporte certains désavantages comme une consommation énergétique assez importante. Néanmoins, avec une majorité de cette énergie provenant de sources renouvelables, une consommation comparable à d’autres activités utilisant des infrastructures technologiques et des avancées qui permettent de réduire cet impact, accuser le Bitcoin de manière frontale sur le sujet pourrait en fait revenir à accuser une société comme Tesla d’être non respectueuse de l’environnement puisque la production de ses voitures a un fort impact sur l’environnement notamment quand on prend en compte la construction des batteries voraces en métaux précieux dont l’extraction est très polluante. Mais ne préfère-t-on pas consommer une électricité maîtrisée et majoritairement renouvelable, qui donne l’occasion de vivre une révolution technologique, plutôt que de continuer à utiliser du pétrole, dont on ne mesure plus les impacts sur l’environnement ? Souhaitez-vous revenir au papier plutôt que d’allumer votre ordinateur car celui-ci va consommer de l’électricité ? Souhaitez-vous savoir combien représente la consommation énergétique de l’ensemble du système bancaire international ? Accuser le Bitcoin de consommer trop c’est aussi ouvrir la voie à un nombre de questions sans réponses qui deviennent rapidement des démonstration par l’absurde que se focaliser sur la consommation énergétique du réseau Bitcoin pour le décrire n’est peut être pas le meilleur argument à mettre en avant.

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