Bitcoin (BTC) : dynamiques de prix et cycles.

Bitcoin, ce qu’il faut savoir

Offre, demande, prix

Bitcoin en circulation et variation avec le prix

Avant d’insister sur la nature cyclique et logarithme du Bitcoin, il est important de revenir sur la structure du marché. Premièrement, le Bitcoin est en quantité limitée. L’analyse de l’offre montre clairement que les quantités limitées n’ont pas d’impact absolu sur le prix du Bitcoin. La part de marché des mineurs ne cesse de décroitre avec la même dynamique que la variation du nombre de Bitcoins en circulation. Fin 2020, les mineurs avaient 9,7% de l’offre totale de Bitcoins en circulation d’après Glassnode, alors qu’ils représentaient 0,22% des acteurs du marché.

Sur l’or métal par exemple, les mineurs représentent près de 75% de l’offre. C’est donc ici la rareté de l’or qui influence en très grande partie le prix dans le temps. L’or et le Bitcoin sont limités, mais l’influence des mineurs est inverse du fait de la structure de l’offre. Au-delà de cela, il est important de saisir le fait que l’offre de Bitcoin est très concentrée par les institutionnels. Les détenteurs de plus de 1000 Bitcoins représentent près de 32% de l’offre totale, alors que ces agents représentent 0,01% des acteurs du marché. Ecrit plus clairement, ce sont les institutionnels qui font le prix.

Nature logarithmique

Si l’on regarde assez attentivement, les quantités globales de Bitcoin en circulation suivent une fonction logarithme. Si l’on applique la fonction inverse (exponentielle), on obtient une courbe théorique de l’évolution du prix du Bitcoin pour une demande constante. Cette courbe exponentielle du prix du Bitcoin n’est évidemment pas réaliste. La rareté du Bitcoin se confronte donc à des limites technologiques et de démocratisation, ce qui se répercute sur le prix. Par nature, le Bitcoin suit donc jusqu’ici un canal de prix à tendance logarithmique.

TradingView Chart Snapshot
Source : Tradingview

Le graphique ci-dessus reprend le prix du Bitcoin en échelle logarithme. On observe clairement un canal de prix dans lequel le Bitcoin évolue parfaitement depuis de nombreuses années. La mesure logarithme du Bitcoin est plus cohérente avec la structure du marché, et plus pertinente à l’analyse qu’un graphique linéaire.

Niveaux de prix : entre spéculation et sous-valorisation

En suivant ce canal, il est presque impossible d’imaginer un Bitcoin durablement sous les 12 000$ à 15 000$ à long terme par exemple. De plus, le seuil intermédiaire visible sur le graphique semble tendre vers une fourchette de prix autour des 40 000$ à 50 000$ dans les prochaines années. Ce canal haussier intermédiaire a par exemple été atteint en septembre 2017, juillet 2018, juin 2019 et décembre 2020/janvier 2021.

Si l’on développe une analyse temporelle sur ce niveau intermédiaire, on s’aperçoit qu’il y a des régularités classiques de marché. Entre les points de septembre 2017 et juillet 2018, nous avons 322 jours. C’est aussi la période exacte qui sépare la fin du point de juillet 2018 avec le sommet de juin 2019. 322 jours sont en économie de marché la manifestation d’un cycle structurel, par confrontation de l’offre et de la demande. Effectivement, 322 jours équivalent à 0.879 années. Multiplié par 12, cela nous donne 10,55 ans (cycle de Jevons et Ragnar Frisch).

Plus que cela, si l’on multiplie 322 jours par le nombre d’or (1.618[1]), on obtient 520 jours. 520 jours correspondent à la période exacte qui sépare la fin du sommet intermédiaire de juin 2019 et le point intermédiaire de décembre 2020. Cela fait en partie référence aux études du Trader Tom Hougaard sur l’analyse temporelle à l’aide des ratios de Fibonacci.

Cyclicité du Bitcoin

Cyclicité endogène

De plus, on peut également mener une courte analyse cyclique propre au cours du Bitcoin. Pour ce faire, il faut mettre en avant la durée des phases de hausse ou de baisse entre les lignes de tendances logarithme du bas, du milieu, et du haut (principaux supports et résistances). Le tableau ci-dessous reprend la durée de hausse ou de baisse de l’ensemble de ces phases (en jours) sur la période 2017-2021. Les périodes en jours sont ensuite décimalisées et multipliées selon la théorie cyclique fractale classique admise. On obtient alors des cycles remarquables malgré la faible étendue temporelle de l’étude.

Cycle
Source : andrieuthomas.com

Sans grande surprise, nous retrouvons un cycle particulièrement persistant de 8.6 années (soit 8.6 mois en divisant par 12) [voir étude pour plus de détails]. Période mise en avant par certains analystes techniques sur Bitcoin comme Vincent Ganne. Nous retrouvons ensuite des composantes de ce cycle primaire, comme avec des périodes de 7.16 années ou 2.87 années. Enfin, on notera deux cycles juxtaposés de 4.7 et 6.3 années autour de 2019, soit un cycle moyen de 5.6 années, ce qui rejoint les cycles de William Jevons et d’autres structures cycliques.

Saisonnalité

Nous ne reviendrons pas plus en détail sur les cycles propres aux cryptomonnaies et au Bitcoin. La combinaison dynamique de cycles endogènes dans le temps nécessite une modélisation des cours. Néanmoins, cette analyse est révélatrice de régularités classiques sur le cours du Bitcoin. Le Bitcoin ne réagit pas aléatoirement dans le temps.

Retour mensuel

Une autre approche plus simple et intéressante est la saisonnalité du Bitcoin. Le graphique ci-dessus reprend l’évolution moyenne du Bitcoin chaque mois de l’année entre 2010 et 2019. Les mois avec le plus de performances sont les mois d’avril, de mai, d’octobre et novembre. Inversement, les mois les plus risqués sont les mois de janvier, d’août et septembre (ainsi que moins nettement juillet). Sans grande surprise, la saisonnalité du Bitcoin rejoint celle du stress financier (ou VIX si l’on considère les actions du S&P500).

Cyclicité exogène

Au-delà des aspects statistiques et analytiques, il est intéressant de mettre en perspective les indicateurs de crise. La grande corrélation du Bitcoin est indéniablement celle du stress financier. Le stress financier augmente très fortement lors de risques de crise ou de tensions sur les liquidités. Certains indicateurs macroéconomiques permettent avec une assez grande fiabilité d’anticiper la manifestation de nouvelles phases à risque. Cela permet, in fine, de déduire à court, moyen ou long terme, les mouvements du Bitcoin et du marché global des cryptomonnaies.

Fondamentalement, et avec le faible recul historique, il est difficile de dire si le Bitcoin aura une aussi bonne réponse au stress financier dans 5 ou 10 ans. L’évolution du marché des cryptomonnaies, et surtout sa possible reconsidération par les fonds d’investissement et de gestion, devrait amener de nouveaux indicateurs. Même si le marché évoluera considérablement dans les prochaines années, il est important d’anticiper au mieux les grands retournements qui peuvent opérer.

FRED
Source : FRED

Le graphique ci-dessus reprend le stress financier (reconnaissable par ses sommets abrupts), avec le taux directeur de la FED (en noir). Enfin, on a également ajouté au graphique le taux à 10 ans du gouvernement fédéral américain duquel est déduit le taux à 2 ans (« 10y minus 2y »). Ce dernier indicateur est particulièrement utile pour anticiper clairement les phases économiques à risque. Quand le 10y minus 2y touche un plus bas, cela se traduit par une forte probabilité de hausse du risque, et donc de chute du BTC. De même, quand les taux directeurs se stabilisent avant de diminuer, c’est également un signe assez pertinent de hausse du risque. En cela, ces indicateurs macroéconomiques permettent de déduire certains mouvements du stress financier. On notera effectivement que tous les grands pics de stress sont suivis d’un rallye haussier sur Bitcoin.

En définitive, le Bitcoin n’est pas un actif dénué de régularités et de logiques de marché. La structure même de l’offre et de la demande font du Bitcoin un actif dont l’évolution se rapproche d’une structure logarithmique. En outre, cela permet de mettre en avant certaines périodes et régularités de marché. Bien que l’étendue de l’étude soit relativement courte, il fait peu de doutes quant à la nature cyclique du Bitcoin. On notera les régularités de confiance de 8.6 années (et ses composantes) ainsi que d’autres cycles fondamentaux, communs à un grand nombre de marchés. Enfin, la saisonnalité et la sensibilité macroéconomique du Bitcoin sont également déterminant.


[1] Racine carré de 5/6 de Pi, ce qui lie les périodes énoncées avec des cycles structurels de confiance.

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