2021 : année de la confirmation pour la technologie blockchain dans le secteur financier ?

L’adoption de la technologie blockchain dans les services financiers est plus que jamais palpable 

Depuis le milieu de l’année 2020, le vent tourne dans le bon sens pour les cryptomonnaies et la technologie blockchain sous-jacente. Si cette dernière avait suscité des espoirs importants avec le Bitcoin et le développement des contrats intelligents sur Ethereum notamment, la volatilité importante des cours et le manque de cas d’usage concrets avaient provoqué un sentiment de prudence généralisé sur le marché.  Aujourd’hui cela change avec de très gros noms des secteurs de la banque et du paiement qui utilisent désormais cryptomonnaies et applications utilisant des technologies blockchain. 

En effet, bien qu’encore peu visibles du grand public qui ne voit que la partie émergée de l’iceberg, à savoir le Bitcoin, les bénéfices de l’utilisation d’applications tirant partie des caractéristiques intrinsèques de la blockchain sont pourtant nombreuses. Des avantages d’autant plus importants pour le monde de la finance pour lequel pouvoir bénéficier d’un registre partagé apportant une traçabilité complète sur un ensemble de transactions tout en conservant confidentielles les données des transactions est un avantage qui apporte sécurité, transparence et rapidité dans un secteur justement en manque sur ces trois caractéristiques. 

2 hommes travaillant sur leur plan financier.

Un rapport publié par la société de venture capital LeadBlock basée à Londres vient étayer notre argumentaire. En effet, celui-ci nous explique que le marché des applications blockchain à destination des entreprises représente pas moins de 200 startups en Europe qui pourrait bénéficier d’environ 350 millions d’euros de financement pour continuer de se développer en Europe, un continent porteur lorsqu’il s’agit de déployer des applications de la technologie blockchain et ce, dans tous les secteurs : la finance bien sur mais aussi l’énergie, la santé, l’agroalimentaire ou encore l’agriculture. 

Quels sont les cas d’usages les plus susceptibles d’attirer les investisseurs d’ici la fin 2021 ? 

Dès lors, la question que l’on se pose est la suivante: quels sont les cas d’usage d’utilisation de la technologie blockchain qui pourraient bien drainer le plus d’investissements en cette année 2021 ? 

Interrogé à ce sujet, David Chreng-Messembourg, auteur du rapport de LeadBlock voit 3 sujets majeurs qui attirent la majorité des investissements des ventures capitalistes. 

Le premier est ce que l’on appelle la “Tokenisation” ce concept permet de placer sur une blockchain un token représentatif d’un actif dans le monde réel. La tokenisation apporte ainsi un potentiel énorme dans le monde de la finance mais également dans celui de l’immobilier. Tokeniser un immeuble de plusieurs millions d’euros pour le rendre plus liquide sur le marché c’est possible grâce à la blockchain et cela a déjà été réalisé. En France la startup Equisafe a même réalisé cela pour vendre une annexe du château de Versailles ! Un des points majeurs qui montre que la technologie blockchain dispose aujourd’hui d’une maturité plus importante est que le secteur commence à avoir un recul sur les cas d’usage avec des expérimentations bien réelles qui sont déjà en production. 

Ensuite, la gestion et l’administration des fonds est un secteur où la technologie blockchain pourrait permettre de réduire drastiquement les coûts. En effet, grâce à sa caractéristique de traçabilité et d’immutabilité des données, la technologie offre une alternative très intéressante aux processus actuels souvent lourds, parfois encore basés sur des supports papiers et donc très coûteux en frais de gestion. Prenons une nouvelle fois un exemple français pour illustrer ce cas d’usage. En 2019 la Gendarmerie Nationale a utilisé une solution blockchain basée sur Tezos pour simplifier et réduire les coûts liés à la gestion d’une bourse d’un fonds européen. Auparavant, réalisé sur papier, le processus de vérification du bon usage du fond était très lourd, aujourd’hui, l’ensemble est tracé sur une blockchain regroupant les acteurs impliqués. 

Enfin et ce sera surement un des sujets récurrents de cette année, les monnaies digitales de banques centrales ou CBDC. On a déjà eu l’occasion de creuser le sujet à plusieurs reprises sur Thecointribune. La banque de France ainsi que de nombreuses banques centrales de par le monde expérimentent actuellement l’utilisation d’une monnaie d’état digitale. Celle-ci pourrait alors permettre d’améliorer drastiquement la rapidité des transactions interbancaires. De plus, ces monnaies liées aux banques centrales pourraient aussi se retrouver dans la poche des citoyens munis d’un wallet digital. Des expérimentations sont déjà en cours sur ce dernier point en Chine. La France, elle, se laisse jusqu’à juin 2021 avant de tirer un premier bilan. 

Les chiffres clés des investissements blockchain du secteur financier depuis 2016  

Selon les chiffres proposés par Crunchbase, de 2016 à 2020, les investissements du secteur de la Finance dans les applications de la technologie blockchain représentent une somme totale de plus de 23 milliards de dollars. 

Une moyenne annuelle de 5,75 milliards de dollars d’investissements, une moyenne qui tombe à 2,25 milliards de dollars si l’on exclut le financement d’Ant Group du désormais célèbre fondateur d’Alibaba Jack Ma. Chaque année et ce depuis 4 ans, c’est un peu plus de 270 projets blockchain qui ont été financés pour le secteur financier. 

Malgré des chiffres non négligeables et avec Ant Group qui fait gonfler la courbe, il n’y a pourtant pas de quoi sauter au plafond. Plusieurs explications à cela, le “bear market” du secteur des cryptomonnaies n’a pas aidé à promouvoir la technologie blockchain sur la période, enfin sur 2020, alors que les cryptomonnaies ont retrouvé de la traction, la pandémie mondiale a elle coupé l’herbe sous le pied à bon nombre d’investissements. 

Néanmoins, 2021 montre des signes beaucoup plus encourageants pour la technologie blockchain dans le secteur financier. Selon Brooke Pollack, le fondateur du fonds d’investissement Hutt Capital, beaucoup d’éléments laissent à penser que l’année 2021 viendra casser la tendance monotone des dernières années. 

« Nous avons vu une augmentation importante du nombre de financements au cours du dernier trimestre, cette augmentation est en majorité portée par l’activité importante autour des sociétés blockchain ainsi que l’écosystème cryptomonnaies. Les performances importantes sur le marché des cryptomonnaies attirent l’attention des investisseurs qui souhaitent maintenant continuer à investir sur 2021 ». 

La finance décentralisée : un terreau fertile pour les entrepreneurs afin de développer de nouvelles applications 

Alors que le secteur financier pourrait donc bien passer la seconde et investir dans des applications de la technologie blockchain pour améliorer ses processus, augmenter la rapidité des transactions ainsi que la transparence sur les marchés. Il y a un secteur qui prend de plus en plus de poids, il s’agit de la finance décentralisée. Bien qu’encore peu mature, il pourrait représenter le plus gros potentiel de croissance, avec des proportions comparables à ce qui existe sur le marché crypto depuis l’avènement du Bitcoin. 

En 2020, le marché de la finance décentralisée est passé d’une valorisation de 800 millions de dollars à 19 milliards de dollars. Rien que ça ! Et ça pourrait bien continuer dans ce sens. En effet, la DeFi comme on l’appelle s’éloigne du marché des cryptos pour maintenant proposer des services financiers plus classiques d’investissement, de crédit, de trading etc… Le tout basé sur des projets dont la gouvernance et la technologie sous-jacente est décentralisée, d’où son nom de finance décentralisée.  

Bien que l’année 2020 a permis à de nombreux protocoles DeFi de voir le jour au yeux d’un public plus large. Les applications permettant de rendre ces services grand public ne sont pas encore très nombreuses et l’expérience utilisateur doit encore passer un cap. Néanmoins, et cela a été remarqué lors du dernier Paris Blockchain Week Summit, il faut tirer un coup de chapeau à ce secteur qui montre de belles avancées, avec quelques pépites dont Maker, Compound, Synthetix ou encore Dharma

D’ailleurs les mastodontes de la crypto que sont les exchanges Binance et Crypto.com ont bien compris le potentiel de ce secteur, puisqu’ils proposent déjà  des produits Défi  sur leurs  exchanges. Mais d’autres applications à destination du grand public pourraient bientôt voir le jour: de quoi drainer de nouveaux investissements et continuer à faire grandir la DeFi. 

« Nous sommes excités de voir débarquer une communauté d’entrepreneurs prêts à rendre la finance décentralisée accessible au plus grand nombre» Alon Goren, Partner chez Draper Goren Holm

Adoption des cryptomonnaies, la fin de la diabolisation ? 

Alors que le Bitcoin et Ethereum ont atteint leurs plus hauts niveaux historiques. Il est intéressant d’insister sur un point qui a pu participer à l’envolée des cours ces dernières semaines. Il s’agit de l’investissement des grandes entreprises dans les cryptomonnaies. 

Si on parlait au début de l’article des investissements dans des projets blockchain en dehors des cryptomonnaies, il semblerait que la barrière entre la technologie et son cas d’usage le plus prégnant c’est à dire  les cryptomonnaies, avec Bitcoin en tête de file, soit en train de s’effriter . 

Autrefois diabolisée, celle-ci représente un investissement d’avenir pour sécuriser leur trésorerie face à un dollars qui a de plus en plus de mal à tenir sa place de monnaie d’échange et de réserve de valeur international. Pour preuve, depuis le début 2021, Son cours a chuté de plus de 10%.. 

Les exemples de sociétés qui ont investi directement ou indirectement dans les cryptomonnaies ne manquent pas. L’exemple le plus marquant est sûrement celui de Microstrategy qui a investi dans plus de 70 000 Bitcoins valorisé à plus d’1 milliard de dollars aujourd’hui. Mais il y a aussi Square la société de Jack Dorsey le PDG de Twitter ou encore PayPal qui sont passées à l’heure des cryptos récemment.

Il y a ainsi fort à parier que l’année 2021 reste sur cette tendance d’adoption du marché par les institutionnels, que ce soit par un investissement direct ou indirect. De plus, le projet Libra de Facebook qui a pivoté en projet Diem devrait  faire parler de lui cette année avec son stablecoin. De quoi continuer à orienter  les projecteurs vers le marché des cryptomonnaies et ainsi attirer des investisseurs potentiels. 

Enfin, si certains se posent la question du manque de régulation sur le marché des cryptomonnaies, Michael Gronager, le PDG de Chainalysis à lui une autre vision sur la question, voyez plutôt : 

« Auparavant nous avions besoin de régulations sur les marchés financiers afin de tracer les actions des banques. Mais avec l’arrivée de la technologie blockchain, il y a une transparence accrue qui permet de réduire la voilure en termes de régulations afin de faciliter les activités commerciales. C’est d’ailleurs notre seul moyen de concurrencer d’autres nations comme la Chine. » 

Vous l’aurez compris, les investissements dans la technologie blockchain n’ont plus rien de confidentiel pour le secteur financier. Les applications intégrant des technologies blockchain ont ainsi un coup à jouer en 2021 pour apporter une vraie valeur ajoutée. Il y a également de forts enjeux autour de la Défi qui doit passer un cap en proposant des services grand public. Enfin, les cryptomonnaies continuent elles à attirer les investisseurs institutionnels. Beaucoup d’éléments qui permettent d’aborder l’année avec ambition pour la blockchain et les cryptomonnaies. 

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